De la désolation à l’espoir - Un atelier sur le climat efficace dans les Philippines
Au début du mois de juillet, Pain pour le prochain et Action de Carême
ont réalisé une analyse de projet et un atelier sur le climat dans les
Philippines. L’objectif consistait à élaborer ensemble des stratégies avec
des organisations partenaires locales afin de mieux se protéger à
l’avenir contre les risques climatiques, comme de fortes précipitations,
l’élévation du niveau de la mer et la sécheresse. Les mesures élaborées
ont déjà été intégrées dans la prochaine phase de projet.

Les Philippines se composent de 7.100 îles et totalisent 18.400 kilomètres de littoral. Près de 45 pour cent des 88 millions de personnes que compte la population doivent vivrent avec 2 dollars US par jour (HDR 2009). La majeure partie des habitants vivent de l’agriculture et de la pêche. Tout aussi pauvre, la population rurale souffre des changements climatiques. « Les marées d’équinoxe sont de plus en plus hautes, de sorte que notre île est souvent submergée, les terres emportées et le sol se gorge de sel. Mes sources de revenu sont par conséquent devenues très incertaines, » se plaint Jose Novallo, un pêcheur habitant l’île de Mahaba.
Action de Carême s’engage depuis 1996 pour une exploitation durable des pêcheries sur l’île de Mindanao et la garantie du minimum vital pour les populations locales. Ce projet est cependant lui aussi menacé par les effets du changement climatique. « Les pêcheurs sont confrontés tous les jours au changement climatique dans la baie de Hinatuan. Leurs déclarations rejoignent les scénarios scientifiques pour la région, » confirme Marion Künzler, climatologue au service de Pain pour le prochain, qui a dirigé l’analyse de projet et les ateliers sur place. « En plus de l’élévation du niveau de la mer, les pêcheurs doivent surtout lutter contre les conséquences indirectes des typhons. Les fortes précipitations qui y sont liées, provoquent ainsi des fluctuations de la salinité de la mer et influencent par conséquent le produit de la pêche ou les cultures d’algues marines. »
Rechercher ensemble des solutions
Dans le cadre de différents ateliers avec des pêcheurs et des collaborateurs de projet locaux, nous avons discuté des changements climatiques, de leurs conséquences ainsi que des éventuelles stratégies à appliquer, de même que nous avons tenté de trouver des solutions. Même si cela a déjà permis d’atténuer fortement la vulnérabilité des pêcheurs face aux risques de catastrophes et climatiques – notamment grâce aux zones de pêche protégées, qui ont permis une augmentation des stocks de poissons, et au reboisement des mangroves en guise de protection contre les grandes marées – il reste des choses à faire, » poursuit Künzler. « Il est important de diversifier avantage les sources de revenus dans l’agriculture, et de favoriser la recherche de céréales et d’espèces de poissons résistantes au set et/ou à la sécheresse. Il faut en outre multiplier les formations de façon à ce que les populations locales soient en mesure d’identifier à l’avance les signes avant-coureurs des typhons et autres phénomènes naturels. » La phase de projet suivante est en cours de préparation, de façon à ce que les propositions discutées puissent déjà y être intégrées.
La première pierre de la poursuite du développement des projets
Un instrument mis au point par Pain pour le prochain et EPER permettra à l’avenir aux collaborateurs du projet de rechercher de manière systématique des solutions en rapport avec les dangers climatiques. Lors d’un autre atelier et d’une visite sur le terrain dans le sud-ouest de Mindanao, les participants ont pu utiliser cet instrument pour la première fois. Miges Baumann, codirecteur de l’atelier à Davao, est persuadé que l’on a ainsi posé la première pierre de la poursuite du développement des projets. « L’ambiance s’est très nettement modifiée au cours des ateliers – alors que l’abattement et la désolation régnaient au départ, l’espoir a rejailli au fil des discussions ainsi que la volonté d’agir ensemble contre les changements climatiques. » Forts de nouvelles idées et d’un nouvel espoir, les participants sont retournés au travail, où ils ont directement pu mettre en pratique dans le cadre de leurs projets ce qu’ils venaient d’apprendre.
<media 548 _blank>Communiqué de presse format PDF</media>
Contact Daniel Tillmanns Chargé de communication 021/ 614 77 16
18.08.10
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