Politique suisse

La Suisse détient le record mondial en matière de concentration de sociétés transnationales par habitant. Cette densité élevée s’explique notamment par la souplesse des réglementations dans ce domaine. En effet, la législation suisse permet à ces entreprises de déduire les bénéfices réalisés à l’étranger, sans que ceux-ci soient taxés sur place. De plus, à ce jour, rares sont les voix à s’être élevées au sein de la classe politique pour contraindre les multinationales à assumer leurs responsabilités sociales. Résultat : la politique fédérale en matière d’entreprises et de droits humains manque aujourd’hui d’ambition et de cohérence.

Sur la scène internationale le Département fédéral des affaires étrangères tient un discours engagé en faveur de la responsabilité sociale des entreprises, mais au niveau interne, le Conseil fédéral et le Parlement sont frileux face à tout renforcement du cadre légal et politique par crainte d’un désavantage concurrentiel pour les entreprises helvétiques. Et dans les décisions, les intérêts économiques sont systématiquement privilégiés même si la Constitution fédérale met sur un pied d’égalité les intérêts économiques et les droits humains, dans les faits.

Pain pour le prochain s’engage pour l’élaboration politique transparente et cohérente en matière de responsabilité sociale des entreprises transnationales établies en Suisse.